Souvenir d’un indien.

Après mon périple en Inde avec ma belle équipe de francais, nous nous sommes séparés. J’ai appris à ressentir plus qu’à analyser, merci Patrick. J’ai décidé de passer par un joli village pour découvrir des temples que je n’avais pas encore vu dans le sud, Sravanabelagola est un très joli village jaïn, très reposant si vous avez l’occasion d’y aller.

Puis j’ai décidé d’aller voir un village de refugiés tibétains, si je pouvais apprendre à connaitre un peu cette religion qui me fascine depuis toute petite j’en serais plus qu’heureuse… Pour dormir dans le village il fallait s’y prendre à l’avance, j’ai donc loué une chambre dans le village d’à côté : à Kushalnagar. La chambre était peu chère, mais très vite je me suis rendue compte que le lit était infesté de petites bêtes qui s’amusaient à me piquer quand bon leur semblait. La première nuit j’ai pu dormir un peu. Le lendemain j’ai passé une journée très apaisante au temple d’or, ou un moine m’a gentiement fait visiter les lieux sans rien attendre en retour. La deuxieme nuit les piqûres se sont bien développées et il m’était impossible de fermer l’oeil. J’ai essayé de m’allonger sur le sol, un peu eloigné du lit les bestioles ne viendraient peut être plus. J’avais tort. Je me suis assise sur une chaine, espérant une fois de plus un peu de calme sur ma peau irritée. J’en ai profité pour essayé de m’endormir dans cette position, un objet à la main, pour voir combien de temps je mettrais. Les saletés grimpaient toujours pour me sucer le sang!
Agacée, j’ai attrapé ma couverture et mon sac à dos, pensant aller prendre l’air. Mais il faisait déjà nuit, et en Inde il y a des couvre-feu… Le receptionniste m’a rappelé à l’ordre et m’a invité à le suivre. Parler un peu me détendra peut être.
Nous avons passer une heure dans sa chambre à discuter. Il ne parlait pas très bien anglais et moi non plus mais avec un peu de patience on arrivait à se faire comprendre. Nous avons parlé de notre cursus scolaire, de nos frères et soeurs, de nos parents… arrivée une certaine heure je me suis excusée de devoir partir. La route m’attendait le lendemain assez tôt dans la matinée. Mieux vaut une bonne nuit de sommeil avant un trajet en bus indien !
J’ai attrapé mon sac qui se trouvait sur le sol tout proche de la porte. Là j’ai sentie sa présence très proche de moi. L’embarras a commencé à gagner le fond de mon estomac jusqu’à remonter dans le fond de ma gorge. J’ai vu une lueur nouvelle dans ses yeux, il m’a attrapé les deux bras fermement. Il m’a murmuré « Just two minuts please « . Il ne voulait pas seulement que je reste deux minutes de plus, il voulait découvrir sa sexualité avec la première etrangère qui voudrait bien de lui. Surprise, je lui ai d’abord fait les yeux ronds. J’avais du mal à comprendre. Mais il ne voulait plus me lâcher. Je sentais ses doigts serrés de plus en plus contre moi. Tantôt il essayait de poser ses lèvres sur les miennes, tantôt il essayait de me serrer contre lui. Je refusais tant bien que mal. Mais je ne pouvais pas passer. Il a même essayé d’éteindre la lumière, en se rendant bien compte de la debilité de la chose étant donné qu’il ne voyait plus rien. Je n’avais plus d’autre solution, je me suis enervée. Ça devait être la premiere fois que je m’énervait en anglais! J’ai du lui dire un truc du genre  » I don’t want it! You think we can do something in two minuts ?  » Il continuait de répéter  » just two minuts please « . Mon anglais un peu bas de gamme, je ne pouvais pas bien lui faire comprendre grand chose. Alors je lui ai dit très sérieusement en le regardant dans les yeux « I can be really angry ? You know what is angry? » Son étreinte s’est ralachée doucement. Je ne sais plus trop ce qu’il s’est passé à ce moment, je me souviens juste que je l’ai pris dans mes bras, comme pour le consoler, comme si je comprenais.
Je suis partie dans ma chambre. Il est venu me rejoindre, pour s’excuser milles fois. Nous avons passer la nuit à continuer de discuter. Il ne comprenait pas comment j’avais eu un controle sur lui. Il m’a posé des tonnes de question. Il a été très étonné lorsqu’il a appris que je n’était pas « pure ». Il m’a dit à un moment que ces bestioles m’attaquaient parce que je n’était pas pure, car lui elles ne l’attaquaient pas… J’ai remercié le ciel cette nuit là, d’avoir était bon, d’avoir écouter les prières qu’en Inde je faisais tous les jours. Merde j’aurai pu tomber sur un fou qui m’aurait vraiment violé. Non, j’attaquais sereinement la partie de mon voyage seule en sachant que rien de mal ne peut m’arriver.

Si Dieu existe, je le remercie d’etre là dans tous les moments difficiles. Les belles choses doivent être écrites, on pourrait penser que ce qui nous arrive de triste doit être oublié, mais ce sont aussi des belles choses qui nous apprennent à vivre plus sereinement jour après jour.